Le canton de Genève autorise désormais une rémunération à 75 % du salaire minimum pour les jobs étudiants. Décryptage concret pour votre staffing estival.
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Si vous préparez votre saison estivale et que vous peinez à boucler vos équipes sans exploser votre masse salariale, cette modification législative mérite votre attention. Depuis le 8 avril 2026, une dérogation au salaire minimum genevois est entrée en vigueur pour les emplois étudiants saisonniers.

Ce que la loi prévoit exactement
La modification de la Loi sur l'inspection et les relations du travail (LIRT), approuvée par 60,9 % des Genevois lors de la votation du 8 mars 2026, ouvre une dérogation ciblée : les étudiants peuvent être rémunérés à 75 % du salaire minimum légal genevois, soit 18,44 francs bruts de l'heure en 2026. Deux conditions encadrent strictement cette dérogation.
Premièrement, le contrat doit être limité à 60 jours par année civile. Deuxièmement, ces jours doivent se situer exclusivement pendant les vacances scolaires ou universitaires officielles. En dehors de ce cadre, le salaire minimum plein s'applique sans exception. Cette mesure vise explicitement à relancer une catégorie d'offres jugée trop coûteuse depuis l'introduction du salaire minimum cantonal en novembre 2020, et qui avait largement disparu du marché.
Ce que ça change concrètement pour votre staffing
En restauration, la saison estivale concentre des besoins en personnel sur des plages courtes et intenses. Juillet et août représentent souvent 40 à 60 % du chiffre d'affaires annuel pour les établissements genevois exposés au tourisme ou aux terrasses. Avec cette dérogation, un étudiant en service ou en cuisine peut être intégré à votre équipe pour la période estivale à un coût horaire brut réduit, sans pour autant sortir du cadre légal. Sur un mois plein à temps partiel, l'économie est réelle et peut vous permettre de recruter un renfort supplémentaire là où vous auriez renoncé faute de budget.
Ce qui change aussi, c'est la logique de recrutement. Les étudiants cherchent souvent des missions courtes, calibrées sur leurs vacances. La loi crée désormais une adéquation naturelle entre vos besoins saisonniers et leurs disponibilités. C'est une fenêtre que les établissements bien organisés peuvent saisir dès maintenant.
Ce qu'il faut mettre en place côté administratif
Quelques réflexes pratiques avant de lancer vos offres. Le statut étudiant doit être justifié par une attestation d'inscription valide pour l'année académique en cours. Le contrat doit mentionner explicitement le taux de rémunération dérogatoire et la durée limitée à 60 jours.
Un décompte rigoureux des jours travaillés est indispensable : si la limite est dépassée ou si les jours sortent des périodes de vacances officielles, c'est le salaire minimum plein qui s'applique rétroactivement. Il est recommandé de faire valider vos contrats types par un fiduciaire ou un juriste spécialisé RH avant la saison. Les contrôles de l'inspection du travail genevoise sont réguliers dans le secteur de la restauration.
Comment intégrer cette main-d'œuvre efficacement
Un étudiant en job d'été n'est pas un professionnel aguerri. C'est une ressource humaine à part entière, mais qui nécessite une intégration pensée. Dans les établissements que l'on observe sur le terrain, les meilleures expériences partagées ont quelques points communs : un binôme avec un collaborateur permanent les premiers jours, des tâches clairement délimitées dès le départ et un briefing sur les standards de la maison avant le premier service.
La courte durée du contrat rend l'efficacité de l'onboarding particulièrement décisive. Un étudiant bien intégré sur 48 heures de travail apportera davantage qu'un recrutement bâclé sur 60 jours.
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