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13 tendances food & beverage à surveiller en 2026 !

  • il y a 15 heures
  • 5 min de lecture

Chaque année, les grands cabinets d'études nord-américains donnent le tempo des cartes qui rempliront nos assiettes douze à dix-huit mois plus tard. Lors de son webinaire 2026 Midyear Trends Event, le cabinet Datassential a dévoilé treize tendances qui montent, des saveurs, des ingrédients et des concepts culinaires en train de redessiner les menus.



1. Le comfort food passe au global

« Les concepts globaux et la nostalgie redéfinissent ce qu'est la cuisine réconfortante », explique Jaclyn Marks. L'exemple emblématique : le cheeseburger fried rice d'Agnes and Sherman à Houston, qui marie le burger américain au riz sauté asiatique. Datassential note que près de 39 % des consommateurs ont mangé de la fusion chinoise dans l'année, et que la cuisine chinoise a dépassé l'italienne en popularité chez la génération Z.


Mon analyse : l'opportunité n'est pas de réinventer le comfort food, mais d'élargir ce qui « réconforte ». En Suisse romande, cela peut vouloir dire une rösti relue à la sauce coréenne ou un gratin détourné avec des épices asiatiques. Le risque à éviter : la fusion gratuite, qui déroute une clientèle attachée à ses repères.

2. Le doubanjiang

Cette pâte fermentée de fèves et de piment, pilier de la cuisine du Sichuan, gagne en visibilité à mesure que les cuisines régionales chinoises s'imposent. Un chiffre parle : 24 % de la génération Z sait déjà ce qu'est le doubanjiang.


Mon analyse : ingrédient de chef avant d'être un ingrédient de masse. Parfait pour un menu de niche ou une carte de saison, il apporte de l'umami à moindre coût. À réserver aux établissements dont la clientèle est curieuse.


3. La mangonada sort de son verre

Cette boisson glacée mexicaine (mangue, citron vert, chamoy, Tajín) a bondi de 180 % sur les cartes en quatre ans. Et elle déborde désormais du verre : gâteaux, cupcakes, glaces.


Mon analyse : le profil sucré-acidulé-épicé plaît, mais reste très marqué culturellement. En Suisse, je le vois surtout percer dans le snacking et la glacerie estivale, plutôt que sur une carte de restaurant classique.

4. Les boissons au THC

46 % des consommateurs américains se disent intéressés par les boissons infusées au cannabis ou au THC, avec des profils aromatiques de plus en plus sophistiqués (lavande-framboise, orange-crème).


Mon analyse : tendance à manier avec la plus grande prudence en Suisse, où le cadre légal du THC diffère radicalement des États-Unis. À surveiller pour le CBD, en revanche, déjà bien établi dans les boissons helvétiques. Vérifiez toujours la conformité réglementaire avant toute initiative.

5. Le citron noir

Le black lime — citron vert bouilli en eau salée puis séché jusqu'au noircissement — apporte une complexité terreuse et légèrement fermentée. Seuls 21 % des consommateurs sont curieux de le tester, mais la moitié de ceux qui l'ont goûté l'adorent.


Mon analyse : ingrédient de signature, faible risque et fort effet « waouh » sur une carte de cocktails ou un plat de fête. Idéal pour se différencier sans investissement lourd.

6. Le jus « fluffy »

Popularisé par le bar Dante à New York, le fluffy juice est un jus frais aéré pour obtenir une texture mousseuse et légère. 31 % des consommateurs veulent l'essayer, et sa présentation ultra-photogénique séduit les jeunes.


Mon analyse : c'est du théâtre de comptoir à faible coût. Pour un bar à cocktails ou un café branché de Genève ou Lausanne, c'est un contenu Instagram gratuit et un point de différenciation immédiat.

7. Les « dot cakes »

Ces petits gâteaux ronds couverts de vermicelles ont généré plus de 12,5 millions d'interactions sur les réseaux sociaux au seul mois de mai. Un pur phénomène social.


Mon analyse : produit de pâtisserie taillé pour le partage et la viralité. Attention toutefois : les tendances 100 % réseaux sociaux ont une durée de vie courte. À exploiter vite, en édition limitée.

8. Une alimentation ciblée sur la santé des femmes

48 % des consommateurs s'intéressent aux aliments offrant des bénéfices adaptés à l'âge, au genre ou à une étape de vie dans la lignée du « biohacking ». D'où des concepts comme le Moon Milk de Moon Cycle Seed Company, pensé pour accompagner les rythmes hormonaux.


Mon analyse : tendance de fond, pas un simple effet de mode. La santé fonctionnelle et personnalisée est un vrai relais de croissance, notamment pour les cafés-santé et le snacking premium urbain. À aborder avec rigueur et sans promesses santé abusives.

9. Le lait de koji

Nouvelle venue dans les laits alternatifs, cette boisson à base d'avoine et de riz koji fermenté a vu ses mentions grimper de 201 % en quatre ans.


Mon analyse : le marché des laits végétaux est déjà saturé (avoine, amande, soja). Le koji reste très pointu, à réserver aux cafés de spécialité qui cultivent une image d'avant-garde.

10. Le sticky toffee pudding

Ce dessert britannique classique connaît un vrai regain (+70 % sur les cartes en quatre ans) et se décline dans de nouveaux formats.


Mon analyse : valeur sûre. Le réconfort nostalgique et caramélisé fonctionne toujours, et le format est familier pour la clientèle européenne. Facile à intégrer sur une carte de desserts d'automne-hiver.

11. Le miel brûlé

Caramélisé ou légèrement brûlé, le miel gagne en profondeur et en complexité. La tendance a progressé de 160 % en quatre ans et traverse cocktails, desserts et plats salés.


Mon analyse : ma tendance préférée pour le marché suisse. Le miel est un produit du terroir valorisant, le procédé est simple, et l'usage transversal (du cocktail au plat signature) en fait un excellent fil conducteur de carte.

12. L'injeolmi

Datassential le pressent comme « le prochain mochi ». Ce gâteau de riz coréen, enrobé de poudre de soja grillé, est déjà reconnu par 27 % de la génération Z, porté par les réseaux et l'engouement pour la cuisine coréenne. On le voit désormais en latte.


Mon analyse : la vague coréenne est solide et durable. L'injeolmi a un potentiel réel en pâtisserie et en boissons de spécialité, à condition d'expliquer le produit encore méconnu du grand public romand.

13. Le baijiu

L'alcool distillé traditionnel chinois (35 à 60 % d'alcool) s'impose sur les cartes américaines (+221 % en quatre ans), notamment en cocktails.


Mon analyse : produit de connaisseurs, au goût très clivant. En Suisse, il relève davantage du bar à cocktails pointu que de la carte grand public. Un pari d'expert pour les mixologues audacieux.

Ce qu'il faut vraiment retenir pour 2026

Trois enseignements se dégagent de ce panorama. D'abord, la nostalgie réconfortante reste le moteur central, mais elle se réinvente par le global et par la texture. Ensuite, la santé fonctionnelle et personnalisée n'est plus un segment de niche, mais un axe stratégique de fond. Enfin, la différenciation par la signature (citron noir, miel brûlé, jus fluffy) permet de se démarquer sans révolution ni gros investissement.

Pour un établissement romand, l'erreur serait de tout adopter. La bonne démarche : sélectionner deux ou trois tendances cohérentes avec votre concept, votre clientèle et votre terroir et les tester en édition limitée avant de les inscrire durablement à la carte. Une tendance mondiale n'a de valeur que si elle sert votre positionnement local.


Source : d'après le webinaire 2026 Midyear Trends Event de Datassential.

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