Hausse de la TVA en Suisse. Votations du 29 novembre 2026.
Une hausse de la TVA touche les consommateurs comme les entreprises. Dans la restauration, elle pose une question immédiate. Faut-il augmenter les prix ou absorber la différence sur sa marge ? La votation du 29 novembre 2026 remet cet arbitrage au premier plan.

Le projet soumis au peuple vise à financer une partie de la 13e rente AVS par un relèvement de la TVA. Pour les exploitants, comprendre les taux concernés et distinguer l’effet fiscal de l’effet commercial permettra de préparer les décisions utiles.
Quels taux de TVA pourraient augmenter ?
En cas d’acceptation, les changements proposés seraient les suivants.
Taux | Actuellement | Taux proposé |
Normal | 8,1 % | 8,5 % |
Réduit | 2,6 % | 2,6 % |
Spécial pour l’hébergement | 3,8 % | 4,0 % |
L’entrée en vigueur pourrait intervenir au plus tôt début 2028. Il n’y a donc pas de modification immédiate des taux à appliquer en caisse.
La consommation sur place dans un restaurant relève du taux normal. La vente à l’emporter de denrées alimentaires peut bénéficier du taux réduit, hors boissons alcoolisées, sous réserve des conditions applicables et d’une distinction appropriée entre les prestations.
Quel impact sur une addition de 100 francs ?
La TVA est comprise dans le prix TTC. Pour connaître les recettes hors taxe, il faut diviser ce prix par 1,081 aujourd’hui, puis par 1,085 avec le taux proposé.
Addition maintenue à 100 francs TTC | TVA à 8,1 % | TVA à 8,5 % |
Recettes hors taxe | 92,51 francs | 92,17 francs |
TVA comprise dans le prix | 7,49 francs | 7,83 francs |
Le restaurant conserverait ainsi environ 34 centimes de recettes hors taxe en moins par addition de 100 francs, à prix inchangé.
Ce calcul concerne le décompte effectif. Il ne tient pas compte de l’évolution éventuelle de l’impôt préalable déductible sur les achats. Il ne correspond donc pas, à lui seul, à la variation du bénéfice final.
Pour conserver les mêmes recettes hors taxe, une addition de 100 francs devrait passer à environ 100,37 francs TTC. L’ajustement commercial réellement choisi peut naturellement être différent, notamment pour préserver des prix lisibles sur la carte.
Pourquoi une faible hausse mérite-t-elle une analyse ?
L’effet dépend de la structure des ventes et de la capacité à ajuster les prix.
Un café avec un grand nombre de petites transactions ne fera pas les mêmes arbitrages qu’un restaurant gastronomique. Un établissement proposant à la fois de la consommation sur place et de la vente à l’emporter devra également examiner la répartition de son chiffre d’affaires.
Trois scénarios peuvent être comparés.
Maintenir les prix TTC, avec une diminution des recettes hors taxe.
Répercuter la hausse, en examinant la réaction possible de la clientèle.
Ajuster certains prix seulement, selon les produits, les marges et le positionnement.
La bonne décision ne se résume pas à ajouter un pourcentage à toute la carte. Elle suppose de regarder les fiches techniques, les volumes vendus et le ticket moyen.
Pourquoi GastroSuisse s’oppose-t-elle au projet ?
GastroSuisse appelle à voter non. La fédération souligne une double pression possible sur les établissements, entre la charge à absorber et la diminution du pouvoir d’achat de leurs clients.
Une augmentation des prix peut conduire certains consommateurs à espacer leurs sorties ou à réduire leurs commandes. À l’inverse, conserver les prix reporte l’effort sur l’établissement.
GastroSuisse demande un financement de l’AVS durable et équitable entre les générations, reposant également sur des réformes structurelles.
Cette hausse suffirait-elle à équilibrer les comptes de l’AVS ?
Non. Selon les projections de l’OFAS, le déficit annuel atteindrait encore environ 3 milliards de francs en 2035 avec le relèvement, contre près de 5 milliards sans lui.
Le Conseil fédéral et le Parlement recommandent néanmoins le oui, considérant ce financement comme une contribution à la stabilisation de l’AVS. Une réforme AVS 2030 est parallèlement en préparation.
Vous préparez une ouverture ou une reprise de restaurant ?
Le prix de vente doit couvrir bien davantage que les matières premières. TVA, personnel, loyer et frais d’exploitation doivent trouver leur place dans le prévisionnel.
Article de la série « À quelle sauce ? ». Informations vérifiées au 31 octobre 2026.

